etHmoH

mars 13, 2008

Lettre d’un politiquement incorrect à ceux qui le prétendent

Enregistré dans : Philo — ethmoh @ 11:01 pm

Comme le remarque trés justement Marie-Hélène Bourcier dans son article sur Baise Moi (dans mei 20 et reproduit dans queer zone 2) le problème du politiquement correct à subit une distorsion étonnante en france.
On pense ainsi généralement le politiquement correct comme une sorte de complot des minorités pour tordre le langage et comme empêcher de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas( 1ère indice cette argument est typique de la rhétorique de l’extrème droite !). La question qui se pose c’est donc vraiment y a-t-il un tel complot des minorités ?

Il suffit d’allumer la télé pour voir que les minorités sont sous représentées, il suffit de regarder quelques statistiques pour voir que les femmes sont moins payées à compétence et poste égale que les hommes etc… qui ne ferme pas les yeux voit forcément que la vie de beaucoup de gens dont l’identité est remise en cause est une vie de discrimination continuelle.

Quel était alors l’enjeu du politiquement correct ? l’enjeu était d’imposer un mode de dialogue qui reconnaissent les différences de chacun, mais surtout qui laisse un espace à chacun pour vivre selon l’identité (changeante forcément) qu’il\elle s’assigne. Cela va aussi avec une volonté de porter devant la justice les injures et les discours de haine en général.

Cette stratégie est-elle payante ? je pense que c’est une erreur effectivement. Cependant les critiques, que je pense, qu’il faut faire à cette stratégies de lutte pour l’identité ne sont pas du tout celle de la droite bien au contraire ! Ce dont il s’agit c’est de comprendre c’est que cette stratégie qui vise à se servir de la loi étatique pour essayer de rétablir un espace vivable par tous est une mauvaise stratégie. Pourquoi ? parce que l’Etat est avant tout une structure d’oppression crée par les dominants pour maintenir leurs dominations. Bien sur il n’est pas homogène et il est lui même traversé de dissensions (à la fois entre tendances dominantes opposées mais aussi parfois par les stratégies de groupes dominées qui s’emparent de la machine étatique). Cependant ce qui est en jeu ici c’est de maintenir la puissance d’agir de ceux dont l’identité est remise en cause.

Il ne s’agit donc pas de critiquer le politiquement correct comme quelque chose qui nous empêche de dire ce que l’on pense( mais qui sont-il ces fasciste pour nous dire comment nous devons penser ?) mais plutôt de réinvestir l’insulte, les discours de haine pour lui donner un autre sens. La puissance du discours de haine consiste avant tout à nommer : tu es ceci, tu es celà, je réécris l’histoire et invente des faits, je parle à la place des gens, je n’assume pas ce que je dis, j’impose mes interprétations avec mon imaginaire (sac = femme (!)…Le discours de haine a aussi cette particularité d’être un discours sans fin, toujours il cherchera à avoir le dernier mots…

Ainsi je me souviens d’un forum de poésie où critiquant le texte ouvertement essentialiste et défendant explicitement le machisme (comme vérité animal des rapports humains… tout un programme d’amour en effet…) mes messages furent effacés : censurés (par des gens critiquant le fait qu’on censure leurs messages de haines). Je pense qu’il faut ici bien comprendre comment fonctionne le discours de haine. C’est un discours polymorphe qui nie l’histoire, qui à pour unique but de détruire ceux dont l’identité dérange, de créer un espace ou seul une minorité dominante aurait le droit de s’exprimer…
Que les choses soient bien claire : j’emmerde cette bonne parole qui se donne comme l’unique vérité du monde, j’emmerde la cohorte de prêtre qui suivent et ânonnent bêtement cette haine de la vie, du féminisme, de la subversion, de l’amour etc…je resterais la mauvaise parole, celle qui ne se rend pas, ne fais pas de compromis avec la merde (et encore moins de compromissions). Tu peux me frapper comme tu le fais de façon obsessionnel depuis des années (8 ans déjà avant même qu’elle soit dans l’histoire en fait…) mais je ne vois pas en quoi cela pourrait la faire venir à toi ? Cela trahit ta conception des rapports hommes femmes… Elle a son libre arbitre et est capable de choisir par elle même. Ce qui est en jeu c’est que les saloperies que tu me fais, j’ai refusé que tu lui fasses les mêmes parce qu’elle mérité mieux que ça tout simplement ! Ce qui est en jeu c’est que malgré toute ta haine et les milliers de page que tu as écris, les gens que tu m’envois etc… pour me pousser au suicide ( 3 fois tu as failli réussir…) malgré tout il reste quelque chose entre nous ! regardons les faits l’aggressif et le manipulateur dans l’histoire c’est toi !
La réponse doit commencer par dire, je pense, je suis ceci effectivement mais je déborderais continuellement ce que tu peux penser que je suis, je serais toujours plus loin ! mais la deuxième étape je pense doit être plus radicale encore, il s’agit de dire : tu n’as pas le droit de me dire ce que je suis. Pourquoi tu n’as pas le droit? parce que j’ai le droit de vivre tout simplement. Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend !
Ce ne sont pas des grands principes moraux descendus du ciel mais des principes éthiques qui relèvent de l’observation de la vie : ce qui rend la vie plus forte, ce qui libère les forces du désir, ce qui sort de cette empire de symbole et revient à la vie, au corps, ce qui stimule l’amour et non l’agressivité, ce qui produit une vie humaine et non la destruction et le ravalement à l’animalité alors cela est bon et l’opposé est mauvais.

La question qui se pose ici est : est-ce que tout le monde à la droit de vivre ? c’est à la fois une question éthique mais aussi politique en ce qu’elle implique à la fois des valeurs (et la réflexion sur la valeur de nos valeurs ) mais aussi le problème politique du vivre ensemble !

Le problème qui se pose ici est donc général, il concerne tout le monde : pourquoi la minorité devrait être opprimée ? question qui en amène une seconde : qui est la minorité ? souvent on énumère un peu canoniquement, le dominant c’est l’homme blanc hétérosexuel bourgeois… ok ? oui mais si on regarde on voit que la liste des oppression s’allonge sans fin, oppression dans le rapport à la sexualité, dans le rapport à la culture, aux musées etc.. l’oppression semble partout quand on prend la peine d’arrêter le faux bon sens de droite et de regarder le monde et la souffrance des autres… Qui est donc cette fameuse minorité ? ben en fait c’est presque tout le monde. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de dominant mais plutôt que tout le monde est concernée, ou plutôt dans un monde éthiquement parfait, devrait l’être… mais malheureusement certain se prennent pour des chiens et tentent de transformer la vies des autres en enfer… il faut je pense sortir de se petit confort qui nous fait dire, non je ne suis pas opprimé etc… Il faut voir l’oppression en face ! Ainsi la minorité disait Deleuze “c’est tout le monde” voulant dire ainsi, je pense, nous devrions tous être concerné par la lutte contre les micro-fascismes

janvier 24, 2008

La couleur rouge n’est pas en vente

Enregistré dans : Poésies — ethmoh @ 11:07 pm

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La couleur rouge reste assise

Les paupières du livre ne s’ouvre plus

un bouquet de fleurs cannibales

un ricochet sur le silence

Le couleur rouge / sur le silence / nous sommes tous / des ricochets / sur le silence / la force du mur / de fleurs cannibales / ne veux plus de discussion / s’ouvre sur le désert / l’imprimante jet de pierre / ne prend pas de photo / nous sommes tous / des bouteilles de gaz avec des haches en silex / le silex c’est la nouvelle mode / peut être un jour / tous des lampadaires allemands / les paupières du livre / ouvrirons nous des bouteilles de gaz avec des haches en silex / l’imprimante jet de pierre / as été remplacé /

La couleur rouge reste assise

Les paupières du livre ne s’ouvre plus

un bouquet de fleurs cannibales

un ricochet sur le silence

La couleur rouge / reste assise / les paupières du livre / s’ouvre sur un désert / je ne veux plus de discussion / sur le silence / peut être un jour / ne prend pas de photo / le rasoir des vainqueurs / un bouquet / sur le silence / de fleurs cannibales / reste assises /le paupière du livre / sur le lunatique mangeur de soupir / un ricochet / sur les prix de la rentrée / le force du mur / s’ouvre sur un désert / je ne veux plus

la couleur rouge reste assise

les paupières du livre ne s’ouvre plus

l’imprimante jet de pierre s’ouvre sur un désert

je ne veux plus de discussion sur le lunatique mangeur de soupir

un bouquet de fleurs cannibales

un ricochet sur le silence

peut être un jour ouvrirons nous des bouteilles de gaz avec des haches en silex

la force du mur ne prend pas de photo

nous sommes tous des lampadaires allemands

janvier 22, 2008

Les Sans… et l’Ensemble

Enregistré dans : Philo — ethmoh @ 12:12 am

Je réfléchissais l’autre fois à des interventions de Sarkozy que j’avais vu à la télé et un truc me frappait. Constamment dans le discours, on a une présence des sans. Les sans c’est toute cette catégorie de gens qui ne sont pas les gens normaux et qui n’ont donc pas les mêmes droits. C’est les sans logis (SDF), les sans-papiers bien sur mais aussi les jeunes de cité sans éducation, la jeunesse dans son ensemble sans valeurs, le jeune femme sans vertu etc…

On a toute une rhétorique du sans qui fonctionne un peu toujours de la même façon : puisque tu es sans-papier il est normal que je t’expulse par charter… La catégorie de sans-papier permet d’effacer toute l’horreur de la violence qui est infligé. On a ainsi des gens qui sont en règles depuis des dizaines d’années, qui travaillent, dont les enfants sont devenus français, qui sont expulsés du jour au lendemain, que l’on vient chercher dans des rafles de sinistre mémoire, arraché à leurs familles. Mais dans l’opinion public, on n’en parlera pas tout au plus on diras ” un sans-papier s’est jeté par la fenètre pour échapper à la police”. Ce qui est en jeu ici c’est qu’on exclut ces gens de l’humanité normal. On peut traiter ces gens comme de simple variable, mettre en place un quota pour leur expulsion. On peut en faire une simple mesure administrative et non un vrai problème politique. On a ainsi tout un panel de mesure éducative, sanitaire, policière pour encadrer les sans, pour protéger les honnêtes gens avec un mode de vie conforme.
D’un autre côté, on a aussi toute une rhétorique sur l’unité. Le slogan de Sarkozy mais aussi constamment la publicité. Il s’agit de faire croire aux gens que nous somme ensemble, qu’il n’y a rien de plus beau que d’être tous unis. On utilise pour cela une rhétorique romantique, effusions et dégoulinantes de bon sentiment. Si seulement on étais tous ensemble, qu’on laissait de coté nos différents, le monde serait plus beau. Le réalité est moins reluisante… La simple expérience du travail salarié, de l’école nous montre que le monde est hiérarchisé. De même la répartition de notre travail n’est pas égalitaire. Être ensemble, cela veut dire non pas lutter pour l’égalité sociale, mais se ranger du coté des expropriateurs et des oppresseurs. Ils veulent clairement nous endormir. Il n’y a pas d’unité à mettre en place avec ceux qui affame l’Afrique, que délocalisent les entreprises française et plonge des régions entières dans un chômage de masse, avec ceux qui nous abreuvent d’une culture mercantile, sexiste et raciste. Il me semble claire que le concept de classe tel que Marx l’énonce n’est surement pas applicable maintenant, néanmoins toutes les études montrent bien que la bourgeoisie en tant que classe consciente de ses intérêts existe toujours. Ils ont leurs écoles, leurs fêtes informelle ou formelle (rallye etc..). Ils vivent entre dans leurs quartiers, ils sont lié entre eux par un système complexe de service rendu. Le principe c’est que rendre service à un membre de la classe renforce la classe donc sert l’intérêt de l’individu indirectement ( un peu comme le machisme d’ailleurs). voir à ce sujet les études sociologique sur la bourgeoisie.
Mais y-t-il un lien entre cette ethos de l’ensemble et cette rhétorique du sans ? je le pense c’est à dire qu’on constitution d’un nouveau racisme de classe. Ce qui m’y faisait penser c’est le livre Zoo Humain sous la direction de Ancel. Les auteurs y expliquent que l’organisation des zoo humains (exposition d’individus de “tribus primitives”) s’est d’abord fait dans les cirques au milieu des expositions de monstres (femme-cochon, femme à barbe, nain difforme, homme tronc etc…). Mais là ou les monstres montraient simplement une humanité hors norme, les zoo humains avaient une autre fonction. Il est intéressant de voir que leurs apparitions correspond et précède la mise en place d’une colonisation étatisée. Une des thèse du livre et donc de montrer que la colonisation n’a été possible que par un soutien massif de la population à l’entreprise colonial. IL a donc fallu passé du rascisme scientifique bourgeois (hérité des lumières) à un racisme populaire. Les zoo humains ont été une importante étape dans la mise en place de ce racisme en montrant non pas de l’insolite mais du non humain, des monstres cannibales fornicateurs. On présente donc quelque chose qui a la forme de l’humain (et encore…) mais qui sans humanité.

je pense que cette rhétorique du sans et de l’ensemble trouve son unité là ! Il s’agit de refonder un racisme de classe qui justifiera une mission répressive et éducative de l’Etat. De même on refondera l’unité du corps sociale, non sur une recherche en commun, un débat sur les bonnes fins mais plutôt sur une volonté d’exclure les sans. Il y a avait une affiche humoristique qui circulait pendant la campagne ou on voyait Sarkozy avec le slogan “Ensemble tous deviens possible …sans les pédés, les hystériques les pauvres etc… une longue liste”. C’est ça qu’il s’agit refonder la communauté sur un sentimentalisme populiste et nationaliste pour exclure du corps social tout ceux qui différent de la norme. De même le rôle de l’Etat ne deviens plus de suppléer au manquement de l’économie mais plutôt de chasser tous les déviants de la société. Dans le passé on avait une rhétorique sur les “classes dangereuses”, cela désignait pour les bourgeois cette couche du prolétariat condamné au chomage de masse et à la délinquance. Alors qu’ils sont le produit de l’inégalité systémique du système, ils étaient tenue pour responsable des défaillances du système. Toute une rhétorique expliquaient qu’ils étaient des animaux dépourvue de culture, des bêtes incapables de régler leurs instincts. Ils faillaient donc mettre en place une série de mesures punitives et éducatives pour les “remettre dans le droit chemin”. Au lieu de répartir les richesses ont gère la misère comme une déviance. Ce qui est en jeu ici c’est la capacité d’une société à comprendre et accepter l’autre et non à la refouler sans cesse dans les marges. Ce qui est en jeu dans ce nouveau racisme de classe qui se met en place c’est la négation des toutes luttes des minorités depuis les années 50. Que ce travail soit celui de la décolonisation , du féminisme, des luttes lgbt.

Ce qui est en jeu c’est le combat pour l’identité qui est un combat politique. Il est donc important de lutte pour le clivage, contre une unité factice, avec les sans, et contre les formes d’exclusion.

L’ensemble c’est entre nous gens de bonnes compagnies, pour la bourgeoisie, bien docile et obéissant, aidons nous… Mais les autres ils peuvent crever, on les réeduqueras ou sinon on les expulse !

Une citation de Thatcher en 87… je crois que ça parle tout seul :

“I think we’ve been through a period where too many people have been given to understand that if they have a problem, it’s the government’s job to cope with it. ‘I have a problem, I’ll get a grant.’ ‘I’m homeless, the government must house me.’ They’re casting their problem on society. And, you know, there is no such thing as society. There are individual men and women, and there are families. And no government can do anything except through people, and people must look to themselves first “

janvier 21, 2008

Le voyage d’Ulysse

Enregistré dans : Critique — ethmoh @ 1:15 am

Constantin Carvafis :

“N’écourte pas ton voyage, mieux vaut qu’il dure de longues années et que tu abordes dans ton ile aux jours de ta vieillesse […] Ithaque t’as donné le beau voyage : sans elle, tu ne serais pas mis en route. Elle n’a plus rien d’autre à te donner.”

cette citation est extraite d’une article dans Télérama sur Kerouac. Un truc qui me frappait c’est à quel point souvent on comprend mal le type d’écriture de Kerouac. Je veux dire je suis pas un spécialiste mais il me semble qu’il ne s’agit pas de dire : écrivons dans l’urgence, ne raffinons pas les choses.

Si Kerouac écrit directement et souvent ne revient pas sur le texte, l’écrit d’un jet, c’est parce que, fondamentalement ce qui compte c’est de vivre. Non pas que écrire ça ne soit pas vivre mais plutot que c’est un mode de vivre mais que ça ne doit pas être LE mode. Le voyage c’est le processus pour trouver un point d’extériorité transitoire sur le monde. Le voyage n’est pas de billet de retour. Ce n’est pas le tourisme. Le voyage est le but du voyage. Le voyage c’est comprendre qu’on est dans un monde qui s’écroule mais avoir quand même envie de s’en payer une tranche, de profiter de ce que le monde à à offrir.

Donc si Kerouac ecrit directement ce n’est pas parce qu’il croit que son écriture est géniale ou qu’il veut batir une oeuvre, c’est plutôt parce que c’est un façon d’intensifier les choses, pour lui surtout et peut être aussi pour le lecteur…

Quand au considération de l’article malaise des jeunes blablabla .. je relisais Gramsci qui en 1930 en parlait déjà de cette pseudo crise de l’autorité et des valeurs… ça ne mène pas trés loin tout ça. je ne suis pas d’ailleurs trés sur que le parralèle entre la sociéte de consommation naissante dans les années 50 et maintenant soit judicieux. je veux dire les jeunes des années 50/60 avait acquis une culture nécessaire à la tertiairisation de l’économie mais venait souvent de milieux trés modestes. Ils avait donc cette position d’extériorité qui faisait qu’ils avaient les armes de la culture mais aussi les valeurs populaires. (à nuancer avec le fonctionnement de la reproduction culturelle chez Bourdieu Passeron Les Héritiers)

La situation actuelles est trés différentes je pense par la mise en place de leviers idéologiques trés puissants ! Plus personne ne critique l’école comme lieu d’endoctrinement étatique… Le combat actuelle c’est pour que ça ne soit pas le marché qui prennent aussi controle de ça (ce qui serait bien pire !). Les médias aussi ont acquis une importance démesuré… une campagne politique devient plus qu’avant une course à la médiatisation etc…

EDIT ce que je voulais dire, c’est que le type d’écriture de Kerouac doit se comprendre je pense à partir des problèmes qu’il se pose face à la vie et donc aussi à l’écriture. Il ne s’agit pas d’écrire n’importe quoi, ou directement depuis l’inconscient comme chez les surréalistes, mais plutot depuis l’intensité même de la vie. Ce lieu c’est le voyage, qui soit causé par la drogue, par le déplacement, par la rencontre etc…

décembre 31, 2007

C’est de l’histoire

Enregistré dans : Poésies — ethmoh @ 9:45 am

C’est l’histoire / un jour qui ne se lève pas / une attente / user ses doigts / un peu partout / rongé la chair / une attente / le soleil est parti / ce matin / le jour tombe / personne / ne ramasse / personne / ou était cette lumière / partit / une illusion ? / je ne sais pas / c’est de l’histoire

C’est l’histoire / un trafic / des rêves / des dons d’organes frauduleux / une cataracte / une lumière blafarde / le jour est mort / vivre la nuit / parce que / enfin bon glissons / on se lasse / face contre terre  /  quelque chose coincé / dans la gorge / la nuit aussi dans sa glotte / un mot qui ne passe pas / qui devient un glaviot / purulent / pleine de haine / de toute façon tout ça / ça n’est pas sérieux / c’est de l’histoire

C’est l’histoire / je veux dire / assoiffé de sang / ne pensant qu’à ça / ils ne construisent rien / pourquoi ? / ablation de l’amour / détruire ceux qu’on aime / obéir à ceux qui vous méprisent / non vraiment il faut en finir avec l’homme / espèce répugnante / se détruire avant que les autres ne le fasse / pourquoi ? / pas de lumière / se faire une raison / pas de mot / se faire une raison / vague impression / on s’est foutu de ma gueule / y a-t-il encore des gens qui savent rire ? / ça aussi mangé par la nuit / depuis le début / c’est de l’histoire

décembre 27, 2007

prostitution pornographie et féminisme

Enregistré dans : Philo — ethmoh @ 12:02 am

En passant dans la rue, j’ai remarqué un stickers sur un kiosque à journaux : les femmes ne sont pas à prendre, pas à vendre -> porno ras le cul !.

Je trouve que ça pose un certain nombre de problèmes. Tout d’abord, est-ce que les femmes qui se prostitue ou qui travaille dans le sexe de façon générale vendent leurs corps ? Je veux dire vendre son corps ça voudrait dire vendre sa liberté, devenir un esclave. Est-ce bien de ça qu’il s’agit ? Ne s’agit-il pas plutot simplement d’un contrat de travail classique. Ce n’est pas le corps qu’on vend c’est son usage ! de la même façon qu’un ouvrier vend l’usage de ses muscles à un patron, qu’un professeur vend son savoir, qu’une hotesse d’acceuil vend son sourire et son charme( quoique ça puisse vouloir dire !). Pourquoi ne pas accepter qu’une travailleuse du sexe soit soumis à la même oppression qu’un travailleur plus classique c’est à dire l’aliénation dont parlait Marx ? La réponse classique c’est que le sexe n’est pas une activité comme les autres ou qu’au moins il ne devrait pas l’être.

On a deux affirmations l’une normative sur ce que doit être le sexe et l’autre sur la nature du sexe.

La première objections sur la nature du sexe est la plus facile à réfuter : le sexe comme le tricot n’est pas une activité qui aurait une nature intrasèque. Comme toute activité son but est construit de même que son sens (on peut faire l’amour pour détruire comme pour construire, par mépris ou par amour etc…). Il n’y a pas de nature du sexe c’est entièrement une construction.

La deuxième objections est normative :ce que doit être le sexe. la question qui se pose alors est à mon avis : rendons nous le sexe meilleurs à en faire une activité séparée de la vie ? Pour comprendre le sens de cette question il faut voir l’implicite qu’elle sous-tend c’est à dire que cette question ne peut se poser que dans un monde (le notre je pense) qui nie la sexualité. La réppression des désirs se constitue autour d’un couple de deux attitudes qui se rejoignent sur une choses : le sexe doit être une activité séparé car c’est une activité par nature bestiale, sale, dégradante et violente.

On a donc le versant puritain qui nie la sexualité mais qui n’a de cesse d’en parler de le suggérer. Notre littérature est pleine d’histoire d’amour, passionné fougueuse qui n’arrète pas de tourner autour du dirty little secret comme disent les anglais, qui ne parlent que d’étreintes passionnées minutieusement disséqués mais qui n’abordent jamais le sujet de façon franche et sans détour. Ce qui excite le puritain c’est le jeu de caché/dévoilé, le non-dit, le mensonge, le truc souterrain. Même à l’heure actuel nos films (et pourtant le puritanisme et le christianisme sont censé être enterrés…) sont pleins de gros plan sur les baisers, d’histoire qui au fond ne parle que de CA mais sans jamais le nommer. Le type d’individu que produit ce puritanisme c’est l’individu masturbateur qui rêve sa vie, qui rêve ses relations de couples sans jamais arrivé à exprimer simplement son désir, qui ne réalise jamais ses désirs mais s’arrête toujours sur le seuil et qui finallement constate que la vie est passée et qu’il est trop tard.

L’autre aspect c’est le pornographe. C’est celui qui montre les choses de façon brutale (sans la retenue naturelle de celui qui vit les choses intensément, qui est dans ce qu’il fait). Pour le pornographe on doit dire tout, avec frénésie. Mais au fond rien ne change sur comment on le dit par rapport au puritain. Je veux dire la sexualité si elle est montrée avec ostentation est toujours vu comme sale, dégradante, abandon. Les choses sont montrée mais que pour assurer un pouvoir, une violence. L’individu que produit la pornographie est un individu violent, qui n’est avec l’autre que pour assurer sa force, se prouver son pouvoir. L’autre n’est alors qu’objet. De même que le puritain il baise mais au fond il est toujours tout seul !

Et on voit là je pense l’enjeu de la répression de la sexualité : quelque soit le personnage que l’individu choisie ( ou son mélange personnel des deux) il sera toujours tout seul (même en couple) ! c’est bien là ce qui est reprimé dans la sexualité, ce qui nous lie aux autres, au monde. C’est en cela que la sexualité peut être subversive car elle permet à chacun de se construire un rapport au monde original. En cela la sexualité n’est pas une activité différente de n’importe quel activité de la pensée ou du corps. Elle est cruciale car elle est ce qui nous lie aux autres et au monde. Il ne s’agit donc pas d’en faire une bulle à part, une sphère d’animalité dans notre vie, mais précisement de la mettre au centre de notre vie comme l’activité la plus humaine ou par laquel nous devenons homme. Pour répondre à une objection : ne serais-je pas entrain de rétablir quelque chose comme une nature humaine ? La nature humaine dont il est question ici est une pure coquille vide : l’homme est un pure être de relation, tout en lui est construit. C’est se construire qui l’activité la plus humaine.

On voit donc que rétablir la sexualité au centre de la vie nous permet de passer d’un débat nature/culture à celui beaucoup plus intéressant de construction de la nature humaine. On ouvre ainsi d’importante possibilité de subversion dans la sexualité et dans la culture. Je pense donc que dire que le sexe devrait être une activité hors de la vie est une erreur. La conséquence politique de tout ça et qu’il faudrait que les mouvements de travailleuses/eurs du sexe soit soutenu par l’ensemble du mouvement sociale. Mais dans la climat  pudibond actuel on en est loin

décembre 20, 2007

je serais des millions

Enregistré dans : Poésies — ethmoh @ 3:01 am

tues moi / maintenant / nique moi aprés / jusqu’à l’os / découpez la chair / une masse / informe / plus de visages / juste de la viande / tue moi maintenant / plus tard / tu me niqueras / mais je reviendrais / je serais des millions

Une bouteille / elle se vide / peu à peu / moins de monde / un peu seul / continuez à boire / pour tenir les murs / chez moi il fait sombre / tenir un peu / un écran / le remplir / pour tenir les murs / la bouteille se vide / la vrai vie me manque / je suis un génie / vous ne savez pas ? / mais je reviendrais / je serais des millions

De l’acide en promotions / une couche de peinture fraiche / sur ma tête / un sourire au rabais / de la poussière derrière les oreilles / jusqu’à que la douleur / vomir la vie / cette vie / insoutenable / en plus ils sont heureux / bande de cons / je reviendrais / je serais des millions

Jusqu’à la douleur / pourrir mes souvenirs / tout est moche / des yeux pourris / un peu de mayonnaise / de l’acide en promotions / désosser ma chair / détruire la peau / ne frissonner que sous la lame / un peu de violence / pour se souvenir / non on est pas mort / pas encore / mais moi non / je suis mort / tellement de fois / je reviens d’un noir pays / la parole traine dans ma gorge / personne n’écoute / pourtant / de toutes façon / l’évidence nyctalope / je reviendrais / je serais des milliers

Bip / passage code guichet /  150598056A64 / vous êtes la catégorie sans nom / non mais ne vous foutez pas de ma gueule / quoi ? / je suis pas un numéro / (je suis un cliché ) / pourtant j’essaye de vivre un peu / parfois / identité trouble / c’est votre main qui tremble ou la mienne ? / Bip / suivant / je reviendrais / je serais des millions

Des chaines / des piques dans la peau / un peu de sang qui coule / c’est reposant parfois / sentir son corps / un peu rare / je veux dire / laissons tomber / mes chaines / arrivez à les voir / des années de souffrances / donner du sens / leurs signalisations / supportez ça aussi / sur ma bosse /  arrivez pour la messe / une autre musique / gâcher les choses / un autre possible / je reviendrais / je serais des millions

octobre 28, 2007

Sagesses Populaires

Enregistré dans : Poésies — ethmoh @ 9:51 pm

Un tien vaut mieux que deux tu l’auras dans ta gueule

Bien mal acquis ne profite qu’à Sarkozy

L’enfer est pavé de dollars

Il n’y a pas de fumée sans incendiaire

Qui embrasse trop rend jaloux

élection piège à citoyen

L’homme est un loup pour l’opprimé

La violence si tu te tues elle te tait

Quelle guerre la connerie

Quelques slogans pour la rupture

Enregistré dans : Poésies — ethmoh @ 6:41 pm

Tous ensemble contre l’assistanat
Attentif ensemble à la paranoia

Travaillez plus vivre moins

Se levez tôt pour un devenir  un nabot

Pour un ordre précaire juste

En lutte contre la subversion

La liberté commence ou j’écrase les autres

Pour la vidéo surveillance punitive

L’union national contre les privilégiés chomeurs

La dignité dans le flicage

Vivez moins consommez plus

Achetez malin

Emeutes : des sensations pures

Repentance : poison gauchiste

La dignité par la division

septembre 6, 2007

quelques remarques sur la pratique d’internet

Enregistré dans : Critique — ethmoh @ 6:55 pm

EDIt j’ai relu un peu tout ça c’est un peu écrit au fil de la plume donc pas trés construit mais bon je laisse parce que y a quelques trucs que je crois juste lol

On entoure souvent la pratique internet d’une espèce de glose mystico-revolutionnaire. Internet serait essentiellement porteur de changement profond et démocratique. Internet instaurerai une nouvelle communauté basé sur la transparence de l’information et sur une communauté mondiale.

Je ne pense pas que ça soit faux néanmoins Internet n’est pas une realité extérieur, il est inséré dans un jeu complexe de rapport de domination préexistant. Ce que je voudrais montrer c’est que les acteurs d’internet reproduise le type de communication dominante dans les média (presse, télé, radio) gèlant toutes possibilités de contestations réelles voir même d’une simple pensée articulées.

Ce qui m’a tout d’abord attiré là-dessus c’est l’obsession dans les forums atour de la concision de l’expression. Il est crucial de faire court, de parler en peu de mots, si possible avec une analogie ou une métaphore. Tout d’abord les analogies ou les métaphores utilisées sont le plus souvent soit grossières soit tellement usées qu’elles passent pour évidente. La force de l’expression malgré sa pauvreté évidente vient justement de sa pauvreté … évidente ! Si c’est simple c’est donc vrai. En plus il y a la séduction classique du populisme de nos “communicants” (pubeux journalistes marketeur etc…) du style .. on est en gens simple et de solide bons sens donc ce qu’on dit est vrai. Nous sommes capables d’avoir un avis sur tout, pourvu qu’ils soient percutant concis et débilitant. Gare à celui qui essaye de faire une pensée articulé, argumenté : au mieux on lui dira qu’il fait de la politique (chose sale et à laisser aux “élites” ) au pire on le ridiculisera.

Ce que je veux montrer c’est que les dominés reprennent les codes de communications des dominants parce qu’ils les ont intériorisés et parce qu’ils sont tellement martelés qu’ils en deviennent hégémoniques. Ces codes de communications s’articulent autour de aspects qu’on séparera dans l’analyse mais qu’ils sont totallement lié dans la pratique. On a un aspect formel et des valeurs.

La forme de ce discours est caractéristique dans la mesure ou elle est orienté pour laisser glisser la lecture sans accrocher. Ainsi le discours ne doit pas être hiérarchisé. Mais il ne s’agit pas ici d’une volonté démocratique de mise à disposition de l’information. l’information n’est pas ici organisé pour critique les hiérarchies bien au contraire, elle les naturalises en donnant de l’importance à ce qui domine. De plus comme on l’a vu le discours est organisé autour de sa concision. Les images sont stéréotypées (les gens sont “serein” etc…) et tirent leurs forces plus que de leurs pertinences de leurs répétition. Le discours est avant tout répétition d’un trés petit nombre de mots, agencés et combinés sans fin augmentant encore l’idée que tout ceci est d’égale importance. Toutes tentatives de sortir de ces images et des ces expressions consacrées est automatiques sanctionné : pédant, précieux, snob … [ bon j’avais des trucs à dire mais je suis un peu pressé donc je vais faire concis lol hum..]

Un autre truc qui me fait bondir c’est cette capacité que beaucoup utilisent sans même se questionner de parler à la place des autres. Dans la bouche des dominants c’est typiquement une technique pour se faire passer pour ceux qu’ils ne sont pas et donner du poids à leurs dire. Genre si c’est robert le plombier qui le dit alors c’est vrai vu qu’il est comme vous. Qu’il y ai des gens “comme vous” et d’autre pas comme vous n’impliquent paradoxalement pas de vision de classe structuré. Non le discours glisse et coule. Mais quand les dominés reprennent cette façon de parler et se croient habilité à parler à la place des autre c’est typiquement la façon de parler de ceux dont la parole est confisquée par cette même technique. Je veux dire quand les dominées parlent à la place des autres c’est typiquement parce que leurs paroles est dévaluées et confisquées, c’est une sorte de symptome.

Niveau des valeurs c’est assez simple. Ce qui est bien est : le nouveau, le jeune, le créatif, l’entreprenant, l’altruisme (sans bien savoir ce que c’est d’ailleurs) ce qui est mal c’est : les vieux, l’immobilisme, le prise de tête, l’ennuyeux, le mou, le malade

Quand on regarde posément ces valeurs c’est exactement celle de l’ado moyen, fausse impertinence quand l’ordre à le dos tourné, impertinence de salon qui ne change rien.

On a aussi niveau des valeurs le contraire ceux qui se la joue nihiliste de carton option peureux de la vie mais qui au fond partage en gros les même valeurs négatives (voir positive) et la même manière de communiquer( on rajoute juste des bites chattes etc… pour faire rebelle de 4 ans). Rester dans l’alternative même pour être contre, c’est rester dans une un mode dominé de contestation. Bon aprés c’est plus profitable que la vrai rébellion, qui remet en cause les dominations et demande de s’arrêter,de prendre le temps de revenir sur son expérience, des lecture difficile, des luttes couteuses, qui demande temps reflexion et implication personnelle.

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