Lettre d’un politiquement incorrect à ceux qui le prétendent
Comme le remarque trés justement Marie-Hélène Bourcier dans son article sur Baise Moi (dans mei 20 et reproduit dans queer zone 2) le problème du politiquement correct à subit une distorsion étonnante en france.
On pense ainsi généralement le politiquement correct comme une sorte de complot des minorités pour tordre le langage et comme empêcher de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas( 1ère indice cette argument est typique de la rhétorique de l’extrème droite !). La question qui se pose c’est donc vraiment y a-t-il un tel complot des minorités ?
Il suffit d’allumer la télé pour voir que les minorités sont sous représentées, il suffit de regarder quelques statistiques pour voir que les femmes sont moins payées à compétence et poste égale que les hommes etc… qui ne ferme pas les yeux voit forcément que la vie de beaucoup de gens dont l’identité est remise en cause est une vie de discrimination continuelle.
Quel était alors l’enjeu du politiquement correct ? l’enjeu était d’imposer un mode de dialogue qui reconnaissent les différences de chacun, mais surtout qui laisse un espace à chacun pour vivre selon l’identité (changeante forcément) qu’il\elle s’assigne. Cela va aussi avec une volonté de porter devant la justice les injures et les discours de haine en général.
Cette stratégie est-elle payante ? je pense que c’est une erreur effectivement. Cependant les critiques, que je pense, qu’il faut faire à cette stratégies de lutte pour l’identité ne sont pas du tout celle de la droite bien au contraire ! Ce dont il s’agit c’est de comprendre c’est que cette stratégie qui vise à se servir de la loi étatique pour essayer de rétablir un espace vivable par tous est une mauvaise stratégie. Pourquoi ? parce que l’Etat est avant tout une structure d’oppression crée par les dominants pour maintenir leurs dominations. Bien sur il n’est pas homogène et il est lui même traversé de dissensions (à la fois entre tendances dominantes opposées mais aussi parfois par les stratégies de groupes dominées qui s’emparent de la machine étatique). Cependant ce qui est en jeu ici c’est de maintenir la puissance d’agir de ceux dont l’identité est remise en cause.
Il ne s’agit donc pas de critiquer le politiquement correct comme quelque chose qui nous empêche de dire ce que l’on pense( mais qui sont-il ces fasciste pour nous dire comment nous devons penser ?) mais plutôt de réinvestir l’insulte, les discours de haine pour lui donner un autre sens. La puissance du discours de haine consiste avant tout à nommer : tu es ceci, tu es celà, je réécris l’histoire et invente des faits, je parle à la place des gens, je n’assume pas ce que je dis, j’impose mes interprétations avec mon imaginaire (sac = femme (!)…Le discours de haine a aussi cette particularité d’être un discours sans fin, toujours il cherchera à avoir le dernier mots…
Ainsi je me souviens d’un forum de poésie où critiquant le texte ouvertement essentialiste et défendant explicitement le machisme (comme vérité animal des rapports humains… tout un programme d’amour en effet…) mes messages furent effacés : censurés (par des gens critiquant le fait qu’on censure leurs messages de haines). Je pense qu’il faut ici bien comprendre comment fonctionne le discours de haine. C’est un discours polymorphe qui nie l’histoire, qui à pour unique but de détruire ceux dont l’identité dérange, de créer un espace ou seul une minorité dominante aurait le droit de s’exprimer…
Que les choses soient bien claire : j’emmerde cette bonne parole qui se donne comme l’unique vérité du monde, j’emmerde la cohorte de prêtre qui suivent et ânonnent bêtement cette haine de la vie, du féminisme, de la subversion, de l’amour etc…je resterais la mauvaise parole, celle qui ne se rend pas, ne fais pas de compromis avec la merde (et encore moins de compromissions). Tu peux me frapper comme tu le fais de façon obsessionnel depuis des années (8 ans déjà avant même qu’elle soit dans l’histoire en fait…) mais je ne vois pas en quoi cela pourrait la faire venir à toi ? Cela trahit ta conception des rapports hommes femmes… Elle a son libre arbitre et est capable de choisir par elle même. Ce qui est en jeu c’est que les saloperies que tu me fais, j’ai refusé que tu lui fasses les mêmes parce qu’elle mérité mieux que ça tout simplement ! Ce qui est en jeu c’est que malgré toute ta haine et les milliers de page que tu as écris, les gens que tu m’envois etc… pour me pousser au suicide ( 3 fois tu as failli réussir…) malgré tout il reste quelque chose entre nous ! regardons les faits l’aggressif et le manipulateur dans l’histoire c’est toi !
La réponse doit commencer par dire, je pense, je suis ceci effectivement mais je déborderais continuellement ce que tu peux penser que je suis, je serais toujours plus loin ! mais la deuxième étape je pense doit être plus radicale encore, il s’agit de dire : tu n’as pas le droit de me dire ce que je suis. Pourquoi tu n’as pas le droit? parce que j’ai le droit de vivre tout simplement. Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend !
Ce ne sont pas des grands principes moraux descendus du ciel mais des principes éthiques qui relèvent de l’observation de la vie : ce qui rend la vie plus forte, ce qui libère les forces du désir, ce qui sort de cette empire de symbole et revient à la vie, au corps, ce qui stimule l’amour et non l’agressivité, ce qui produit une vie humaine et non la destruction et le ravalement à l’animalité alors cela est bon et l’opposé est mauvais.
La question qui se pose ici est : est-ce que tout le monde à la droit de vivre ? c’est à la fois une question éthique mais aussi politique en ce qu’elle implique à la fois des valeurs (et la réflexion sur la valeur de nos valeurs ) mais aussi le problème politique du vivre ensemble !
Le problème qui se pose ici est donc général, il concerne tout le monde : pourquoi la minorité devrait être opprimée ? question qui en amène une seconde : qui est la minorité ? souvent on énumère un peu canoniquement, le dominant c’est l’homme blanc hétérosexuel bourgeois… ok ? oui mais si on regarde on voit que la liste des oppression s’allonge sans fin, oppression dans le rapport à la sexualité, dans le rapport à la culture, aux musées etc.. l’oppression semble partout quand on prend la peine d’arrêter le faux bon sens de droite et de regarder le monde et la souffrance des autres… Qui est donc cette fameuse minorité ? ben en fait c’est presque tout le monde. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de dominant mais plutôt que tout le monde est concernée, ou plutôt dans un monde éthiquement parfait, devrait l’être… mais malheureusement certain se prennent pour des chiens et tentent de transformer la vies des autres en enfer… il faut je pense sortir de se petit confort qui nous fait dire, non je ne suis pas opprimé etc… Il faut voir l’oppression en face ! Ainsi la minorité disait Deleuze “c’est tout le monde” voulant dire ainsi, je pense, nous devrions tous être concerné par la lutte contre les micro-fascismes